À L’ABORDAGE D’AGDE ! Quand l’ACO part à la chasse au trésor

C’est en répondant à l’invitation de nos voisins et amis de Classic Auto Rétro Passion et Erogène Car Addict que deux équipages de l’ACO ont pris la direction d’Agde pour une chasse au trésor placée sous le signe de l’automobile ancienne, de la découverte du patrimoine et, comme nous allions le constater, de la flibusterie la plus éhontée.
Pour défendre les couleurs de notre club, deux équipages d’élite avaient répondu à l’appel : Francis et Pascale, à bord de leur magnifique Triumph TR4 un gallion sous pavillon britannique, et François et Romaric, embarqués dans la merveilleuse Alfa Romeo 1750 Coda Longa, chef-d’œuvre de Pininfarina et, pour l’occasion, redoutable bateau-cigarette aux mains de François qui avait pourtant promis d’arrêter de fumer.
Malgré une organisation remarquable, force fut de constater que les candidats à la fortune ne se bousculaient pas au portillon. Cinq équipages seulement avaient pris le départ, dont un composé des organisateurs eux-mêmes. Quatre véritables prétendants, donc, pour un trésor d’une valeur inestimable : un authentique lingot de deux grammes d’or pur !
Une très généreuse dotation ô combien symbolique, et de quoi ranimer en chaque pirate la folie de la compétition.

Onze énigmes et un café

Le principe était simple : retrouver onze lieux, monuments ou objets disséminés dans Agde et ses environs, puis immortaliser chaque découverte par un selfie. Une belle occasion de découvrir les merveilles parfois méconnues de la cité agathoise, son histoire et son passé intimement lié à la piraterie.
Francis et Pascale, fins connaisseurs de la ville, faisaient naturellement figure de favoris. Leur maîtrise du terrain était telle que les trois autres équipages avaient rapidement adopté une stratégie éprouvée : les suivre.
Une sorte de cortège touristique improvisé, dont les participants espéraient manifestement que le savoir des premiers ruissellerait sur les suivants.
Mais c’était sans compter sur la fourberie légendaire de l’équipage de l’Alfa.
Romaric, dont le sens tactique n’a d’égal que sa propension à éviter les efforts inutiles, proposa de commencer les hostilités par un café « réflexif ». Il faut dire que résoudre des énigmes tout en subissant les mouvements de caisse provoqués par la conduite sportive de François Thoulouze, dit « l’Arsouilleur », relevait davantage de l’épreuve vestibulaire que de l’exercice intellectuel.
Une fois installés, les deux compères entreprirent donc d’étudier les énigmes, de localiser les objectifs et de déterminer un parcours optimal, car on le sait, optimal les petits remèdes…
Le plan était arrêté : pendant que Francis et Pascale promenaient involontairement leur cortège de poursuivants, l’Alfa prendrait la tangente .
Nos azimuts pris, nous levâmes les voiles.

Du patrimoine, des selfies et quelques libertés avec le Code de la route
Commence alors une exploration d’Agde aussi instructive qu’acrobatique.
Nos deux aventuriers découvrent des monuments, déchiffrent des indices et s’imprègnent de l’histoire locale, tout en développant une interprétation assez personnelle des règles de stationnement. Après tout, ne sommes nous pas des Forbans ?
Il fallut ainsi bloquer momentanément un rond-point pour immortaliser l’Éphèbe, grimper sur un trottoir pour prendre la pose devant la Belle Agathoise et solliciter les talents photographiques d’une touriste de l’empire du soleil levant pour obtenir le cliché réglementaire devant le monument aux morts dédié aux combattants de l’Armée d’Afrique.
La pauvre voyageuse, qui cherchait probablement son chemin, ne s’attendait certainement pas à être enrôlée dans une expédition de corsaires motorisés.
Au fil des énigmes, nos aventuriers apprirent également que la Vierge serait venue prier à Agde.

Une révélation qui inspira à François une initiative aussi pieuse qu’intéressée : allumer un cierge pour favoriser la victoire de l’équipage.
Car si la stratégie, la connaissance du terrain et la ruse ne suffisaient pas face à Francis et Pascale, autant solliciter directement les autorités célestes.

Il faut reconnaître que François ne manquait ni de ressources ni de curiosité culturelle.

Ainsi, malgré un chronomètre qui tournait et onze objectifs à atteindre, notre Arsouilleur tint absolument à faire découvrir à son copilote la zone technique du port, alors en pleine préparation du salon du nautisme.
Par « faire découvrir », comprenez franchir une barrière et progresser avec l’assurance tranquille d’un armateur venant inspecter sa flotte personnelle.
Quelques magnifiques bateaux en restauration plus tard, nos deux compères reprirent leur quête, enrichis d’une visite impromptue qui ne figurait absolument pas au programme.
Et puisque rien ne sert de courir lorsque l’on peut manger, ils trouvèrent même le temps de s’accorder une pause gourmande : crêpe pour l’un, glace pour l’autre.
La glace étant naturellement destinée à François, dans le vain espoir de refroidir quelque peu son tempérament de conducteur endiablé.


Premiers au repaire des pirates !
Contre toute attente et probablement contre toute logique compte tenu de leurs nombreuses digressions, François et Romaric furent les premiers à rallier l’antre des pirates, point final de cette chasse au trésor.
Toutes les énigmes résolues, tous les selfies réalisés, ils purent enfin s’installer confortablement et savourer une bière bien méritée en attendant leurs adversaires, répétant en avance leurs airs les plus goguenards.
Francis et Pascale arrivèrent quelque temps plus tard.
Les grands favoris, pourtant dotés d’une connaissance encyclopédique de la cité agathoise, avancèrent alors une explication pour le moins singulière : ils se seraient arrêtés chez eux pour changer de voiture.
Une excuse qui, naturellement, fut accueillie avec toute la compassion et la crédulité dont sont capables deux pirates victorieux.
Comme quoi, même plusieurs siècles après les grandes heures de la flibuste, la mauvaise foi reste une tradition solidement ancrée sur les côtes agathoises.


Huit clés, un coffre et deux grammes de gloire
Mais l’aventure n’était pas terminée !
Car si nos deux corsaires avaient remporté la course, encore leur fallait-il mettre la main sur le véritable trésor.
Le précieux lingot était enfermé dans un coffre, et une seule clé parmi huit permettait de l’ouvrir.
Grâce à leur arrivée en pole position, François et Romaric bénéficièrent du privilège de choisir les premiers.
L’instant était solennel.
Les deux hommes examinèrent les clés avec la concentration d’un expert en serrurerie, la méfiance d’un vieux flibustier et, il faut bien le reconnaître, le flair d’un singe à la recherche d’une banane.
Ils soupesèrent, jaugèrent, reniflèrent presque les différentes possibilités.
Puis vint le choix.
Une clé fut sélectionnée.
Introduite dans la serrure.
Tournée.
Et le coffre s’ouvrit !

MILLE SABORDS ! LE TRÉSOR ÉTAIT À EUX !
Deux grammes d’or pur, une fortune à faire trembler les banques centrales, venaient de tomber entre les mains de l’équipage de l’Alfa Romeo !
Les autres participants, loin de repartir bredouilles, reçurent de généreux lots de consolation : bons d’achat, goodies et autres attentions soigneusement préparées par les organisateurs.
Mais le plus étonnant restait à venir.

Le pirate qui rendit son butin
Car François Thoulouze, que l’on connaissait jusqu’alors davantage pour son amour des belles mécaniques et sa capacité à transformer n’importe quelle route en spéciale de rallye, révéla ce jour-là une autre facette de sa personnalité.
Dans un élan de générosité aussi inattendu que remarquable, il décida de renoncer au précieux lingot et de le restituer aux organisateurs.
Non pas que deux grammes d’or fussent indignes de sa fortune personnelle, ni que le trésor ne renferme une malédiction, mais parce qu’il souhaitait que ce butin puisse être remis en jeu lors d’une prochaine édition.
Une édition que nous espérons plus fréquentée, avec davantage d’équipages, de concurrents et surtout une adversité digne de l’équipage de l’Alfa Pininfarina !
Un geste élégant qui mérite d’être salué, même si certains historiens de la piraterie pourraient légitimement s’interroger sur les qualités d’un corsaire qui rend spontanément son butin.
À l’année prochaine, moussaillons !
Au-delà de cette victoire aussi éclatante qu’insolente, nous retiendrons surtout une journée particulièrement agréable, riche en découvertes, en anecdotes et en bonne humeur.
Nous adressons nos plus chaleureux remerciements à Classic Auto Rétro Passion et Erogène Car Addict , dont les membres ont imaginé et organisé cette chasse au trésor avec beaucoup de soin, de générosité et de passion.
Le faible nombre de participants ne rendait certainement pas justice au travail accompli, et nous espérons sincèrement que cette belle initiative rencontrera, lors de sa prochaine édition, le succès qu’elle mérite.
Quant à l’ACO, elle aura une nouvelle fois démontré que ses membres savent faire honneur aux manifestations de leurs voisins, découvrir le patrimoine local, contourner les obstacles et, accessoirement, repartir avec la gloire, à défaut du trésor.
Le lingot est donc resté à Agde, prêt à être convoité par de nouveaux aventuriers.
Mais que les futurs concurrents soient prévenus : les pirates de l’ACO n’ont pas dit leur dernier mot.
À très bientôt pour de nouvelles aventures… Mille milliard de mille sabords
Reportage live de Romaric (quel talent !).

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2 réponses

  1. Patrick Catanzaro dit :

    Digne d’un roman de jack london bravo Romaric

  2. Alain Penez dit :

    Merci Romaric pour ce super compte rendu de la journée chasse au trésor. Des propos justes et de l’humour adapté!
    Un grand bravo à Romaric pour son reportage de l’après midi “Chasse au trésor” d’une grande qualité et plein d’humour ! A cette lecture, les trop nombreux absents à cette organisation (ce que je regrette) ne pourront qu’être déçus de ne pas avoir participé et feront en sorte je l’espère de partager une nouvelle édition. Merci encore aux amis des clubs ACO et Calandres Clermontaises pour leur présence et leur bonne humeur !

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